Séminaire de philosophie

 

Parce qu’elle est proche des préoccupations de notre Scène nationale, la Société alpine de philosophie nous propose cette année deux séminaires autour de thèmes choisis à partir de spectacles programmés cette saison.

Séminaire d’hiver

Samedi 30 janvier, Hexagone, 14h à 18h
« Le mouvement comme vecteur d’émotion.

Un astrophysicien, une sémio-anthropologue et un théoricien de l’art contemporain, quand ils sont stimulés par le questionnement philosophique, qu’ont-ils à dire sur le mouvement en tant que vecteur d’émotion ?

Situation étrange où chacun, compte tenu de la bizarrerie du thème et parce qu’il accepte généreusement le grand jeu de l’interrogation philosophique, est renvoyé aux questions fondamentales de son implication dans la recherche ! Au terme de la préparation du séminaire, cela donne à peu près cela :

Qu’est-ce que le mouvement pour un astronome contemporain ? A quel type de questionnement sur la spatialité renvoient ses quotidiennes spéculations mathématiques sur la forme de l’univers ? Un esprit qui passe tous les jours d’un référentiel spatial à l’autre (de Newton à la physique quantique en faisant un crochet chez Einstein), donc un cerveau « leibnizien » ou « borgésien » susceptible de changer de monde d’un instant à l’autre – éprouve-t-il une forme d’émotion dans sa considération du mouvement ?

La communication non-verbale étudiée par une anthropologue permet une connaissance en actes de l’intelligence humaine, ce qui promet une fascinante compréhension de la scène mentale par le biais des « coulisses de l’esprit ». Par ailleurs, quels enjeux sociaux et politiques recouvre-t-elle ? Si le « neuromarketing » apparaît fondamental pour le XXIe siècle, c’est parce qu’il vise l’association d’un déplacement, d’un code, et d’une émotion – en tant qu’êtres spatiaux, sommes-nous si intimement conditionnés par le langage non-verbal ? Comment, alors, retrouver une authentique « liberté de mouvement » ?

Enfin, derrière l’image désormais un peu facile du « village planétaire global », comment et pourquoi les artistes contemporains utilisent-ils le déplacement comme matériau de leur création ? A l’époque du web 2.0, la question esthétique majeure est-elle celle de l’ubiquité, comme une présence de soi aux quatre coins du monde, ou une bizarre dilatation de la subjectivité ? Et si le rapport esthétique à l’espace a fondamentalement changé, qu’est-ce que cela modifie quant à l’émotion et à l’expérience du sens qu’elle engendre ?

Autant de pistes qui par la pensée redoublent les voies ouvertes par Adrien Mondot. Nous vous espérons nombreux à ces fascinantes noces de la curiosité, de l’expérience esthétique et de la philosophie !

Séminaire animé par Thierry Ménissier, président de la Société alpine de philosophie.

(Avec les séminaires de la Société alpine de philosophie, il s’agit de questionner un thème, en présentant le contenu de recherches en cours menées par des experts qui témoignent de manière claire et construite, à destination d’un public le plus ouvert possible ; il ne s’agit ni d’information culturelle ni de formation universitaire, mais d’une mise en mouvement des idées, destinée à apporter du sens sur des questions dont l’intelligence revêt toujours une certaine importance pour la liberté démocratique.)

(A partir des expériences esthétiques et cinétiques menées par Adrien Mondot dans le cadre de L’Hexagone)

Modalités du séminaire :
Ces séminaires de la Société alpine de philosophie reposent sur le principe de la réunion autour d’un thème précis d’intervenants variés, mais tous experts (ils ne sont pas nécessairement des philosophes de métier, mais des scientifiques, psychanalystes, artistes, économistes, littéraires, etc.). Stimulés par un questionnement philosophique, ils exposent brièvement (20-30 mn ce que signifie le thème du point de vue de leurs recherches en cours, dans un esprit de plus grande interactivité possible avec un large public. Ce dernier est littéralement intervenant dans la seconde phase du séminaire, puisque, après les conférences expertes, la parole est laissée pendant au moins une heure trente à un débat général sur les problèmes évoqués.


Intervenant :
- Aurélien Barrau, maître de conférences en astrophysique, Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie, Université Joseph Fourier, Grenoble.

« En ce qui me concerne, je pourrais montrer comment la relativité générale et, plus récemment, la gravitation quantique ont bouleversé notre représentation de l’espace puis conclure sur la dimension esthétique de cette nouvelle physique. »

- Fabienne Martin-Juchat, professeure de sciences de l’information et de la communication, spécialiste de la communication affective, Institut de la communication et des médias, Université Stendhal, Grenoble.

"Dans Le corps et les médias. La chair éprouvée par les médias et les espaces sociaux (De Boeck, 2008), Fabienne Martin-Juchat examine de quelles manières le corps et la chair représentent des enjeux considérables dans les stratégies médiatiques ; les discours affectifs dominant aujourd’hui les médias traduisent une nouvelle forme de rapport de la subjectivité au monde ?"

- Stéphane Sauzedde, historien et critique d’art, directeur de l’école supérieure d’art de l’agglomération d’Annecy.

« Je parlerai de ce que les artistes font de l’espace dans la géographie contemporaine (la proximité des mégapoles planétaires et l’éloignement des voisins de palier), de l’itinérance et du voyage ; mais aussi de l’ubiquité permise par l’âge du web 2.0 et des multivers donnés comme outil conceptuel pour expliquer ce que sont certaines œuvres d’art contemporaines. »

Animation philosophique réalisée par Thierry Ménissier, Maître de conférences de philosophie politique, UPMF, Président de la Société alpine de philosophie.

 

ECOUTER LE SÉMINAIRE

Séminaire de printemps

Samedi 27 mars, Hexagone, 14h à 18h
« L’infime progression du mal »

Évoquer le concept de mal revient à prendre implicitement position quant à son existence : formuler une telle notion consiste en effet à identifier et à qualifier comme telles des expériences multiples, variées et souvent confusément vécues. Or, avant de tabler sur l’existence du mal, il semble d’abord nécessaire de saisir la part de mystère qu’il comprend – cela dit sans verser dans la moindre fascination à son égard. En effet, même les postures humaines qui apparaissent comme les formes les plus avérées de conduites mauvaises, telles que la méchanceté (dans l’ordre moral) et la tyrannie (dans l’ordre politique) ne se laissent pas aisément réduire à l’œuvre d’une volonté, ni à l’effet d’un calcul clair et distinct. Ensuite, il convient de se demander quelles fins sert, aux niveaux social et moral, l’imputation de mal. Quels services rend aux sociétés humaines la logique qui va de la stigmatisation de la différence à la diabolisation ? En prenant appui sur plusieurs spectacles proposés à l’Hexagone*, et grâce à un dialogue entre la réflexion en philosophie morale et politique, l’analyse des cas historiques et le savoir sociologique et psychologique, ce séminaire s’attachera à examiner les divers processus par lesquels se constitue ce qui est rétrospectivement qualifié comme mal.

Avec ces séminaires de la Société alpine de philosophie, il s’agit de questionner un thème, en présentant le contenu de recherches en cours menées par des experts, qui en rendent compte de manière claire et à destination d’un public le plus ouvert possible ; il ne s’agit ni d’information culturelle ni de formation universitaire, mais d’une mise en mouvement des idées, destinée à apporter du sens sur des questions dont l’intelligence revêt toujours une certaine importance pour la liberté démocratique.

 

Avec la participation de :


François Flahaut
, philosophe et anthropologue, directeur de recherches au Centre de Recherche sur les Arts et le Langage, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris


« Comprendre comment de braves gens font le mal »

 

F. Flahaut est notamment l’auteur de :
  • Adam et Eve. La condition humaine, Paris Fayard, 2007.

  • « Be Yourself », Paris, Mille et une nuits, 2006.

  • Le Paradoxe de Robinson. Capitalisme et société, Paris, Mille et une nuits, 2005.

  • Le Sentiment d’exister. Ce soi qui ne va pas de soi, Paris, Descartes & Cie, 2002.

  • La Pensée des contes, Paris, Anthropos, coll.
    « Economica », 2001.

  • La Méchanceté, Paris, Descartes & Cie, 1998.


Jacques Semelin, historien et politiste, Centre d’Etudes et de Recherches Internationales – CNRS, Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques, Paris :


« Faire le mal – avec plaisir, malgré soi, au nom du bien »


Jacques Semelin est notamment l’auteur de :

  • J’arrive là où je suis étranger, Paris, Éditions du Seuil, 2007.

  • Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides, Paris, Editions du Seuil,
    « La couleur des idées », 2005.

  • La Liberté au bout des ondes. Du coup de Prague à la chute du mur de Berlin, Paris, Belfond, 1997.

  • La Non-violence expliquée à mes filles, Paris, Editions du Seuil, 2000.

  • La Non-violence, avec Christian Mellon, Paris, P.U.F., « Que sais-je ? », 1994.

  • Sans armes face à Hitler. La Résistance civile en Europe (1939–1943), Paris, Payot, 1989 ; 2ème édition Payot, « Petite bibliothèque », 1998.

  • Pour sortir de la violence, Éditions de l’Atelier, 1983.


Jacques Semelin est de plus à l’initiative de la création de l’Encyclopédie en ligne des violences de masse : http://www.massviolence.org/

 

Thierry Ménissier, philosophe politique, maître de conférences HDR, Département de philosophie, UPMF-Grenoble 2, Président de la Société alpine de philosophie.


« La politique, ou la banalité du mal radical ? »


Il a notamment publié :

  • Machiavel ou la politique du Centaure, Paris, Hermann, « Hermann Philosophie », 2010.

  • L’idée d’empire dans la pensée politique, historique, juridique et philosophique, Paris, L’Harmattan, Université Pierre Mendès France – Grenoble 2, collection « La Librairie des Humanités », 2006.

  • Éléments de philosophie politique, Paris, Ellipses Marketing, 2005.

  • Machiavel, la politique et l’histoire. Enjeux philosophiques, Paris, P.U.F., collection
    « Fondements de la politique », 2001.

  • Éros philosophe. Une interprétation philosophique du Banquet de Platon, traduction du Banquet suivie d’un essai, Paris, Kimé, collection
    « Philosophie Épistémologie », 1996.

+ d'infos :

http://societealpinedephilosophie.over-blog.com

Tarifs : 10 et 5 euros - gratuit pour les demandeurs d'emploi, les jeunes - de 18 ans et les étudiants.


Ces séminaires sont proposés par la Société alpine de philosophie en partenariat avec L’Hexagone Scène nationale de Meylan.


La Société alpine de philosophie est une association Loi de 1901 traditionnellement liée au département de philosophie de l'Université Pierre Mendès France - Grenoble 2, dont l'objectif est la diffusion et la pratique de la philosophie aujourd'hui.

 

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