Entre cirque et illusion, Camille Boitel se joue ici de la pesanteur avec une légèreté toute poétique.
Il nous surprend, nous fait rire, et nous embarque dans son univers aussi saugrenu que jubilatoire nous faisant oublier les lois de la physique pour nous plonger dans un univers unique. La logique se déforme et la pesanteur s’efface. Des objets colossaux voltigent ou flottent dans les airs, les repères se brouillent et tout finit sens dessus-dessous. « Nous finirons tous écrabouillés, nous le savons, et cette lutte est désespérée. »
« Nous tombons par terre en permanence, nous sommes lourds, pesants, écrasés, attachés au sol malgré nous ; cela nous rend si sûrs du poids.
Ce poids qui nous encre, nous installe en nous-même.
Et quand nous nous penchons au-dessus du vide, nous sentons le vertige à l’intérieur de notre ventre, vertige de perdre le sol qui appuie sur la plante de nos pieds.
Mais lorsque le sol n’appuie plus, quand le sol ne nous aime plus, nous tombons à l’envers. Le poids nous le portons au quotidien et sans cesse, mais lui nous tient au sol, le poids nous écrase, nous aplati, nous immobilise peu à peu. Nous finirons tous écrabouillés, nous le savons, et cette lutte est désespérée. Dans cette guerre intime avec le poids, nous avons tous mené une infinité de batailles perdues…».
Camille Boitel