Edito

Plus vivace, plus inventive que jamais, l’aventure de l’Hexagone continue. Ce qui était un chemin improbable est devenu une marque de fabrique.
Ce qui était une intuition est une évidence : la culture au 21e siècle est artistique, scientifique et technique.
L’Hexagone en est un fervent promoteur, tant cette alliance est un vecteur d’émancipation, de libre arbitre et d’humanisme.
L’Hexagone Scène Nationale Arts Sciences renouvelle sa convention pluriannuelle d’objectifs avec l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de l’Isère, Grenoble-Alpes Métropole et la ville de Meylan. C’est peu dire que l’Hexagone cherche par tous les moyens à faire résonner les œuvres et les artistes que nous accueillons avec la vie locale, avec les lignes de forces du territoire. C’est notre mission première : faire se rencontrer les œuvres du spectacle vivant, par nature « contemporaines », avec les habitants.

C’est à partir des artistes et de leurs œuvres que l’Hexagone tisse des liens avec les habitants, avec des associations et des structures de tous domaines, avec les collectivités, avec des services publics et des entreprises de tous secteurs d’activité, avec des laboratoires et avec l’université, ici à Grenoble et à l’international.

C’est avec cette même démarche très « inclusive », pour reprendre un anglicisme technocratique, que nous allons aussi au devant de partenariats européens et internationaux. Dans la rencontre avec des mondes si différents, il y a parfois le risque de se perdre.

Or nous rencontrons des femmes et des hommes qui nous disent : « faites ce pour quoi on vous aime ; de la recherche, de la création, des tissages improbables ! »

Et effectivement, dans un monde ou le moindre centime doit être dépensé dans la logique financière de l’investissement « avisé », notre logique de service public promoteur de la liberté artistique fait figure d’ovni. Nos investissements sont le fruit d’une expertise partagée, ils sont exploratoires, risqués parce que misant sur l’humain. C’est pour cela qu’ils fabriquent de la confiance, de l’espoir, de la diversité, de l’improbable et de l’imprévu.

Notre objectif est simple : mettre des artistes partout. Avec cette idée que l’artiste et son œuvre ne sont pas « la solution » aux immenses enjeux auxquels nous devons faire face, mais que l’expérience esthétique et le rapport collectif aux œuvres sont à même de nourrir la vie intérieure de chacun, de favoriser la vie sociale, d’enrichir la vie de la cité et la citoyenneté planétaire. C’est fort de cette démarche que nos partenaires japonais de Knowledge Capital à OSAKA nous ont invités à signer le 17 avril 2018 la NEPA — New Education Partnership Alliance — Alliance Partenariale pour une Nouvelle Éducation.

Notre mission est claire :

permettre aux artistes, chercheurs d’imaginaires, d’aller au contact des scientifiques, chercheurs curieux. C’est ce qui fait notre engagement dans la relation entre arts et sciences qui se concrétise par l’Atelier Arts Sciences avec le CEA et par notre association avec l’Unité Mixte de Recherche Litt&Arts UGA/CNRS.

Cette mission s’accompagne d’une seconde mission constitutive du service public de la culture et qui fait que l’État et les collectivités nous accompagnent : socialiser les productions artistiques contemporaines, les partager avec le plus grand nombre. Il nous faut penser une éducation populaire qui prenne en compte l’art, les nouvelles connaissances et les nouvelles technologies. Et nous reprenons la devise de nos prédécesseurs de l’éducation populaire que vous retrouverez dans ces pages : VOIR, FAIRE et PENSER, parce que comme la science, une culture « sans conscience n’est que ruine de l’âme… »

—> Antoine Conjard – Directeur – mai 2018