Au centre de la Cité, il y a une Forêt. Dans la Forêt vit un scientifique banni pour avoir osé publier les résultats de ce qu’il a vu. Alors qu’il ne lui reste plus rien, il entame une grève de la soif, dernière expérience possible. Son objectif : observer sa disparition. Dans la Cité, il n’y a plus d’Eau. Une Gardienne De La Cité, beaucoup plus jeune que lui, va s’aventurer secrètement dans la Forêt, la nuit, pour aller à la recherche de la Source, qui guérit les mots. Elle va accompagner et enregistrer les récits du scientifique, afin d’essayer d’entendre le Chant de la mémoire de l’eau.

SOIF est un moment scénique caractérisé par ce qui se trouve entre, à travers et au-delà trois langages qui le composent : le sonore, le mouvement et la parole. L’enjeu est de parvenir à élargir la perspective de la relation à ce que nous ignorons, c’est-à-dire de préciser la multitude de rapports que connu et inconnu peuvent entretenir, par le biais des images cachées dans le Chant de la mémoire de l’eau.

Musique, danse et parole sont convoquées dans un même moment performatif afin de tenter de rendre compte de la multitude de niveaux sur la question anthropologique de notre rapport actuel à la connaissance. Nous procédons par strates. L’Eau est un volume d’enregistrement de nos expériences, elle irrigue les imaginaires de ces trois disciplines. Le sonore crée du mouvement dans l’invisible et nous donne l’illusion du silence. Le mouvement agit dans le visible et permet d’harmoniser visuellement l’expérience sensible, il crée aussi les conditions psycho-physiques nécessaires à une parole sincère, présente, ancrée. Le verbe, enfin, se donne la tâche de formuler le mystère et d’ancrer la compréhension dans le moment de l’énonciation.

Notre souci est de traduire pour des yeux et des oreilles non- spécialistes, une matière initialement brassée par des initiés. Nous émettons l’hypothèse qu’en entrant en relation avec, une à une, toutes les strates de l’Eau, de la plus évidente à la plus complexe, nous pourrions inviter à changer de regard sur le connu, quelle que soit notre activité, notre place, notre fonction dans la communauté.

Entendue ici comme le moment physiologique où le corps se souvient de l’Eau, la Soif est certes une « terreur informe », comme le dit Aby Warburg dans Lecture on a Serpent Ritual, mais cette fois accompagnée d’une responsabilité, d’une jouissance.

Texte et mise en scène Jules Benveniste Avec Eva Blanchard, Étienne Martinez, Rainer Sievert, Livia Vincenti Lumière Mathilde Domarle Son Étienne Martinez Chorégraphie Livia Vincenti Scénographie Andréa Warzee Collaboration artistique et costumes Violetta Latte Administration Caroline Otupal Comité Scientifique Pierre Mazzega, Frédérique Rémy, Bernard Sudan, Jacques Verron

THÉÂTRE

PRODUCTION

Bougier Toto – Ensemble artistique

COPRODUCTION

Hexagone Scène nationale – Meylan, L’Odyssée, l’autre rive – Eybens, Direction Culturelle – Université de Lille.

SOUTIEN

CENTQUATRE-PARIS, SACD, La Chartreuse – CNES, LaMama Umbria International.

CALENDRIER DE PRODUCTION

Juin 2025 – Centquatre-Paris – Répétitions
Juillet 2025 – Lectures en Avignon
15 juillet – Salle Ferruce (Conservatoire d’Avignon), SACD
20 juillet – Figuier Pourpre (Maison de la Poésie d’Avignon)
Janvier 2026 – Espace Culture – Université de Lille
Recherche sonore

CRÉATION

Automne 2026 à L’ODYSSÉE – Espace Culturel d’Eybens